13 Novembre

Toi tu me connais pas. Puis de toute façon j’aime bien qu on puisse ne voir que ce que je souhaite! Même si pour les plus assidus mes yeux me trahissent.

Toi tu fais partie de ceux qui me voient en pimbêche au premier abord? Tu me vois plutôt comme la petite fille fragile? La fille chiante? La mère?

Toi tu sais pas ce que je dissimule bien au fond de moi! Toi tu sais pas les cicatrices qui s’accumulent bien au fond de moi. Dans mes yeux océans, je te mène en bateau.

Le bateau tangue et parfois c’est moi qui flanche! La ligne d’horizon comme un fil fragile.

Bordel on est le 13 novembre. Cette date est particulièrement douloureuse!

Cette nuit j’ai reçu un message. Ce message Qui me renvoie vers bien des sentiments et voilà que je ressens à nouveau la douleur, la rancoeur, la haine, ….

Mais aussi l’incompréhension, l’amour la chance.

Je sais même pas par où commencer.

Tu sais il y a la famille et y a les amis! Moi loyale accolyte j’en ai essuyé des déceptions amicales. Alors j’ai tout misé sur la famille,

Boiteuse va!

Dès le départ, c’est parti en vrille! Une séparation, déracinée, avais-je seulement des racines? Moi la fille de marinier… Et cette question qui me fait tant sourire, tu es de quelle origine? Tes parents viennent d’où? Ça me fait rire…

Ma petite sœur, arrivée comme par magie dans ma vie! Je comprendrais plus tard qu Elle est une fée, une de ces fées marraine qui vous donne bien plus que vous ne l’imaginiez, on a tellement été en conflit de par ces différences familiales, différences déloyales, ces petitesses d’adultes qu on ne comprend qu’une fois adulte à notre tour!

J’ai toujours été là bonne copine, celle qui se marrait toujours… Celle qui écoutait toujours les autres. C’est comme ça, moi j’ai toujours été attirée par la noirceur. Était-ce inconsciemment pour me rassurer qu’il y avait pire que moi? Pour me dire que je pouvais aider? Investie d’une mission de réparer les autres?

C’est fou J’ai toujours aimé les gens! J’ai toujours essayé de les comprendre, oh j’ai fait des erreurs j’ai même fait du mal… J’ai souvent quitté le vaisseau. À tribord toute et à fond les manettes! L’insaisissable…

J’ai perdu pied souvent et j’ai même voulu mourir à une époque! Y a eu ces gens! Ces gens qui ont comptés et qui ne sont plus!

Y a eu ces gens qui sont depuis toujours à m’aiguilleur et à m’aimer. Y a eu ces querelles familiales! Y a eu des différents, y a eu…

L’amour il disait!

Je sais les dégâts d’un divorce qui tourne mal! Je sais le conflit intérieur du ❝ tu veux vivre chez papa ou maman? ❞ je connais La pression sur les épaules, le mal viscéral, je connais la peine et la déception! J’en ai déçu des gens, parfois pour du vrai parfois pour des conneries.. Mais les gens m’ont tellement tué!

Quand du haut de tes 14 ans tu fais basculer des vies! Quand au lieu de t amuser comme les autres, tu survis, tu enchaînes baby-sitting pour assumer des choses qui ne sont pas de ton âge. Quand tu prends malgré toi 10 ans dans la gueule, au nom de quoi? La bêtise humaine, l’amour la haine…

La maternité? J’ai eu peur, peur d’avoir des filles tellement la relation avec ma mère était conflictuelle. Ouais c’est vrai, à l’école c’était facile… ❝ mes parents divorcent ❞ et puis une larme. Un visage d’ange? Des grands yeux bleus, une crinière blonde, un teint laiteux! J’en ai joué! Et j’admets, toujours en ma faveur, mais je souffrais véritablement.

J’ai recherché l’amour! Et à chaque fois, avec ce sang de nomade qui coulait dans mes veines, je n’aspirais qu’à d’autres horizons, je prenais la fuite, je changeais de cap, peur qu’on m’emprisonne, peur qu’on brise mon cœur… Oh C’est arrivé! Je changeais de voie comme de chemise! Électron libre qui dans le fond se suffit à lui-même. Éprise de liberté, éprise d’idéal, éprise de voyages. C’est de leur faute. iOS s’aimaient comme dans les Walt Disney! Ils étaient mon exemple!

Mais il y a eu des gens formidables qui ont contribué à apaiser mon mal-être. Ma soif d’idéal! Il y a eu des amis, je pense à Julie notamment. Mon enfance! Je pense à Ally, mon alliée, malgré nos querelles, nos broutilles. Y a eu N a qui j’ai lâché la main. Tu as tellement eu un impact positif sur moi, Hamlet, Shakespeare… Y a eu J qui mn’a amené à A.

A, ma plus grande déception! L’amie par excellence. Celle que je considérai comme ma sœur, celle pour qui j’aurai donné un rein, celle en qui j’avais une confiance aveugle. Je t’ai sans doute déçue car tu as décidé de me lâcher la main.. Pour des raisons qui te sont propres et que je qualifie de farfelues… Je ne t’en veux pas, et je t’adore quoi qu il advienne. Ma porte te sera éternellement ouverte…

Y a eu mes piliers, Léon Christiane. Mes deux grands amours… les premiers. mon sang… Sache qu’en ce jour funeste c’est mon cœur qui pleure. C’est cette interrogation qui persiste. POURQUOI? Putain pourquoi toi! Il est 3h29, nous sommes le 13 novembre..

Et comme chaque année J’ai le cœur lourd. Et puis je l’imagine. Elle. Seule à te pleurer secrètement. Elle est forte et elle est belle. Mais dans le fond 50 ans de vie commune h24 au fil de l’eau, des canaux. C’est mon chapeau que je lui tire! Elle a cette force que j’envie, cette force tranquille qui apaise et qui force à la sagesse. Ma grand mère, si tu savais que c’est un culte que je te voue. J’ai dormi avec mes deux petites filles hier soir, chez toi… je n’ai pu me résoudre à penser qu il fallait que je profite. Si tu savais comme l’odeur de ta maison me donne le tourni! Je m’en goinfre discrètement. Cette odeur particulière que je ne retrouve que chez toi! Si tu savais à quel point tu m’as sauvée… Si tu savais à quel point tu es mon tout. Depuis la vie à décidé de m’offrir deux petites merveilles, prêtes à prendre le relai et à insuffler dans mon intérieur la force d’avancer lorsque ta flamme aura été soufflée. Sans elles, j’aurai pas pu. Mais tu es encore là…

Votre fils s’occupe tellement bien de moi! Il a peur encore parfois. La vie l’a bien cabossé lui aussi. Le premier homme de ma vie. Fille à papa. Même si les filles ont littéralement pansé quelques blessures je sais qu il s’inquiète toujours autant pour moi. ❞ allo, ouiiii qu’est ce qui a?? Ça ne va pas? ❝. Pourtant tout n’a pas toujours été tout rose. On a eu des bas et des hauts…

Toutes ces choses qui font qu’on apprécie encore plus l’instant. Tu sais cette précieuse seconde qui déboule que tu ne peux anticiper! Cette putain de seconde où tout peut basculer! Cette seconde qui a ce pouvoir de tout rendre beau ou de tout rendre noir.

J’ai toujours aimé les ténèbres, j’y perçois toujours la lumière, et en vrai C’est une sacrée force. Moi la fille fragile, sois tranquille tu es bien plus forte que tu en as l’air.

On a tous un vécu, une histoire, des pages blanches, des trous noirs….

Moi aussi j ai voulu crever a une époque, l’adolescence et ses déboires! Moi aussi j ai des démons que Vincent subit au quotidien. Mes doutes, mes craintes, mes peurs intérieures, cette peur du creux, cette peur du vide, cette peur de sombrer. Moi aussi je cache des choses et j ai le cœur meurtri! Mais j ai jamais baissé les bras véritablement, ou pas longtemps!

La vie est telle que tu la perçois, telle que tu la dessines, artiste peintre sur toile vierge, prends tes pinceaux et ne cesse jamais de dessiner! Y’en aura des brouillons, des ratures, des chefs’doeuvre, y aura les ratés et les lueurs d’espoir, et un jour tu tiendras le bon bout, la bonne couleur…

Le pourpre se changera en or, le noir deviendra du gris, le blanc deviendra éclatant..

Les masques ne déguisent qu’un temps. Dans la valse du temps, le carnaval ne peut durer.

La peur paralyse. L’échec fait peur, mais C’est une fois en bas que l’on comprend, cette chance de toucher le fond pour apprendre à se connaître soi-même. Cette chance de se relever, de se surpasser, de découvrir ce que notre être peut faire de mieux. Quand t es tout en haut, tu ne peux que redescendre. Alors tu t’entortilles les pieds dans les méandres du destin. Ce destin qui se joue de toi, qui te fait passer des épreuves, libre à toi de les relever…

Personne ne vit ta vie à ta place, tes choix ne te sont jamais vraiment imposés. Ils sont là pour quelque chose. Tu comprendras demain, après demain, tu comprendras à la fin…

Assieds toi confortablement et regarde autour de toi. Observe les gens… il y a pire que toi! Bien sûr il y a tellement mieux… Mais il y a tellement pire…

que vois tu?

A moitié vide ou à moitié plein?

Tu vois on a toujours le choix.

Ne pas remettre la faute sur les autres constamment! Se remettre en question et se recentrer! La vie n’épargne personne, mais la vie est un sacré cadeau!

Se concentrer sur le positif..

Tu la vois cette prune pourrie dans le panier à fruits? C’est elle qui a contaminé toutes les autres.

Cette prune c’est ton idée négative, celle qui contamine toutes les positives.

Bats toi!

Saisir les mains tendues et aimer son prochain.

Regarder les étoiles et se rappeler d où on vient.

J’ai de l’or dans le cœur et l’étincelle dans les yeux. Et même si en ce jour c’est mon coeur qui se pare de noir, les idées sombres resteront loin de moi… J’ai décidé de ne plus boire la tasse, j’ai décidé d’être mon propre capitaine! J’ai décidé de réinventer les couleurs de mon ciel. J’ai hissé le drapeau blanc. J’ai largué les amarres et J’ai jeté l’ancre si souvent. Je me suis perdue sur des quais mais je suis remontée à bord.

Face au macaron j’ai accéléré et j’ai foncé. Alors même si tous les fleuves ne sont pas tranquilles, je ne regrette rien, je suis ce que je suis et j’ai appris à aimé mes fêlures, à aimé et baissé mon armure, à redorer mes dorures.

Y‘ aura des jours mélancolie, y aura encore des jours de pluie, mais sans la pluie l’arc en ciel n’existerait pas..

J’ai le plus beau des trésors aujourd’hui, et meme si on est le 13 novembre, la vie m’a bien appris, j’ai le coeur loud mais je suis reconnaissante. Je pense à toi de façon tendre, je pense à Elle ma chevalière, je pense a elles mes fleurs sauvages.

Y’en a qui sèment la merde, moi j’ai planté des fleurs, voir la vie en Rose et Lilas c’est aussi apercevoir le divin. Toucher le bonheur du bout des doigts, et même si j’ai des bouts de toi, de vous, dans mon coeur, dans la tete, les images me rappellent d’autres bonheurs, ceux qui ont été et ceux qui seront. Le passé et l’avenir ne sont liés que par le présent. Le présent ce cadeau merveilleux qui nous offre l’instant.

la vie c’est ici et maintenant. La maternité a apaisé bien des tourments.

Je hais les gens autant que je les aime!

Mais j’aime la vie passionnément!

Et si on faisait le bilan? Si on mettait cartes sur table pour s’aimer véritablement? Et si on ne loupait plus le coche? Et si on profitait pour de vrai?

Et si…

On reprend notre chemin?

Merci à ceux qui m’accompagnent au quotidien et contribuent à me rendre meilleure, a me sublimer. Merci à ceux qui ont toujours cru en moi et ceux qui me font confiance. Merci à ces quelques personnes qui fait que la vie est plus belle ♡

Dire je t aime avant qu il ne soit trop tard. Dire je t’aime avant que tombe le noir. Dire je t’aime parce qu on le ressent. Les films c’est pas la vie! La fierté c’est pas la vie, l’orgueil c’est pas la vie,…

le temps ne nous appartient pas… Cette fameuse seconde…

Paix, amour et paillettes sur toi! Sur moi! Sur nous tous ♡

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Du comique au tragique #FausseCouche

Les fausses couches, aussi appelées avortement spontané, les fausses couches constituent la complication de grossesse la plus courante. Elles se produisent dans 10 à 20 % des grossesses confirmées. 80 % surviennent dans les 12 premières semaines de grossesse. Après 20 semaines de gestation, on ne parle plus de fausse couche, mais plutôt d’accouchement prématuré.


Cet article est la suite de mon histoire, ma fausse couche.

J’ai décidé de clore ce chapitre une bonne fois pour toute. J’ai repoussé, j’ai écrit, j’ai fait des ratures, j’ai recommencé, et j’ai abandonné.

J’ai envie de clore ce sujet mais j’ai ce besoin d’en parler. De me soulager, de laisser derrière. Peut-être aussi d’informer. Une histoire est personnelle mais parfois on peut y trouver du soutien, du réconfort, un peu moins de peur car on peut s’imaginer la suite, parfois mieux, parfois pire…

Les mots qui vont suivre, ne sont pas adaptés à tous. Je ne vais pas aller par 4 chemins, et j’ai décidé de m’expliquer comme si je couchais les mots dans un journal intime…
Mon journal, Mon blog.
Tu peux donc t’arrêter là pour ne pas heurter ta sensibilité, si toutefois, tu continues, te voilà prévenu.

Te voilà prévenu, je ne compte pas faire dans la dentelle, ce contenu cru peut choquer.

….

Je porte la mort en moi. Ce mini moi que j’aimais tant n’était plus.. Il était là, mais ne l’était plus. Je ne veux plus le porter… Je veux qu’il me libère.Je n’aspire qu’à une seule chose, être seule. Roulée en boule dans mon lit comme lorsque j’étais petite… Roulée dans mes draps comme pour me protéger. Mais protéger de quoi au juste? De mon propre corps? De ce bébé en moi? De ma culpabilité? De ma tristesse? de mon échec?
On y est…. le CYTOTEC.

dernier extrait de mon premier article posté ici « Amer tu m’as laissé #5cm« 

 

J’avais le choix, tu te souviens? Un curetage ou la voie médicamenteuse.

J’ai préféré faire confiance à mon corps.

Qu’est ce que j’avais pas fait là comme choix! Mais que faire au fond? Je ne savais pas ce qui allait se passer…

Tu sais? Ce que je regrette amèrement, au delà de la préparation mentale du ❝la fausse couche ça arrive, ça peut m’arriver❞ et la réalité du style ❝je suis en tain de faire une fausse, je fais quoi?❞

Alors j’ai opté pour le CYTOTEC.

Le cytotec c’est quoi?
Traitement de l’ulcère gastrique ou duodénal évolutif, mais aussi, il sert à déclencher des contractions aidant ainsi le processus de la fausse couche.
Mais il peut également vous être proposé pour aider à l’évacuation des débris encore présents dans l’utérus lorsque la fausse couche est en cours.

Les deux molécules les plus utilisées sont le methergin et le misoprostol (cytotec ®).
La prise de l’un de ces médicaments est toujours associée à des médicaments qui vous permettent d’atténuer la douleur. (un dafalgan, du daflagan m’a été prescrit, à mourir de rire quoi).

La rapidité d’action de ces médicaments est très variable d’une femme à l’autre.
Le ressenti de la douleur est également très variable d’une femme à l’autre.

Et puis cette entrée dans la pharmacie pour aller chercher ce fameux médicament que je convoitais tant bien que mal… Mon bébé, mon amas de cellules, mon minuscule n’est plus, alors à quoi bon? Autant en finir pour de vrai…

Je me souviens, également, de ma visite chez le même pharmacien (le test de grossesse). Je me souviens de mes yeux gonflés, mes mains hésitantes, ma voix cassée.. J’ai donné l’ordonnance, du bout des doigts, honteuse.

– DU CYTOTEC, vous avez des douleurs gastriques?
– Pardon?
– Vous avez des ulcères gastriques?
– Le regard écarquillé, le coeur au bord des lèvres, j’ai balbutié dans un sanglot que j’essayais en vain d’étouffer « FAUSSE COUCHE ».

Les mots sont tombés comme un couperet. L’horrible réalité qui paralyse et rend confus.

Extrait du premier article

Je me souviens avoir lu la notice, encore et encore, et sur un coup de tête j’étais décidée, mon coeur en lambeau, mon coeur en morceaux, mes yeux en sanglots qui glacent les contours de mes joues, j’ai prix le cytotec!

Je te passerai les détails de l’emploi (et l’emploi varie largement d’un médecin à l’autre).

Je me souviens, tout allait bien, et l’instant d’après, les contractions… C’est donc ça une contraction (je me souviens que la gynéco m’avait dit « parfois on ne sent pas grand chose mais souvent on a des contractions comme à un accouchement« . En soi c’est logique, oui c’est certain on n’accouche pas d’un joli poupon. Non on se vide de vie, de vie déjà partie… Mais le corps il réagit de la même manière… Des contractions pour évacuer, des contractions pour aider l’expulsion, c’est le phénomène naturel de l’accouchement.

Je me souviens avoir tenté de m’allonger, penser à des choses positives, je me souviens il y avait un grand soleil…. C’était en Juin 2014 et je me réjouissais de te montrer cette nouvelle maison, ta nouvelle chambre. Mais toi, t’as décidé de figer l’instant, un instant pour toujours mais surtout à jamais.

Je ne savais plus marcher, les douleurs étaient impressionnantes, sans répit, je ne connaissais pas la respiration j’étais à 10 semaines de grossesse, je n’avais eu aucun cours sur l’accouchement et souvent en début de grossesse, les gens n’osent pas trop parler de l’avancée de la grossesse, sous peine de…

Sous peine de quoi d’ailleurs? Porter malheur?

Le futur imaginé s’en est allé loin, très loin et la douleur de la projection fait mal, comme les contractions, comme la déception, comme l’échec, comme la peur viscérale de te perdre pour de vrai, la peur de cet instant redouté ou toi et moi ne formerions plus qu’un….

Je me souviens, Vincent, désemparé, ne sachant pas quoi faire, je ne voulais rien, je n’arrivais plus à penser… Il a eu cette idée lumineuse, merveilleuse… Un bain.

  • Tu veux que je te fasse couler un bain mon amour?

J’ai cru pleurer lorsqu’il a prononcé ces mots, oui je rêvais d’un bain, oui un bain me ferait certainement du bien. Il avait trouvé ce qui allait m’apaiser un peu… Alléger ma souffrance.

Il a fait couler ce bain.

Je m’y suis glissée et je lui ai demandé de partir. Je voulais l’épargner, puis ne sachant pas à quoi m’attendre réellement, j’ai préféré ne pas le traumatiser plus qu’on ne l’était tous les deux…

Armée de mon iphone dans la main droite, de la douchette dans la main gauche, je faisais aller le jet sur mon ventre, et MIRACLE, je revivais… Les contractions étaient là, mais elles étaient moins douloureuses, c’est mon corps tout entier qui s’est relâché, qui s’est apaisé… Je ne peux expliquer mais c’est à ce moment là que j’ai décidé que dans le futur un accouchement aquatique serait adapté pour moi.

J’ai écrit à ma meilleure amie, puis aussi à ma soeur, puis j’errai sur la toile, des forums précisément, des vécus d’autres filles. Je suis tombée sur un témoignage qui expliquait en détails ce que je vivais… La peur, les maux, la honte, la douleur physique et psychique… Elle était juste et ça m’a réconforté. Dans son trash, j’ai vu la réalité. Et la réalité est ce que j’étais en train de  vivre…

*Tremblante et frippée j’ai l’impression de ne plus rien sentir… Vincent revient, il me demande si tout va bien, si je souhaite quelque chose. (oui je voudrais bien que cela ne soit qu’un vilain méchant pas beau rêve). Je me pince, j’ai mal, je lui réponds que je vais sortir… Mon amoureux tout paumé me dépose une serviette et là je lui crie de sortir, c’est le moment, c’est maintenant, et il est là, ils sont tous les deux là…. Tout est fini et je veux être seule. J’ai peur, je tremble encore plus, je n’ai plus mal au ventre, je suis tétanisée par ce que je vais découvrir entre mes mains.

Dans ma main mon tout petit… Je ne sais pas pourquoi je reste convaincue que c’était un garçon….

Il est dans sa poche, il flotte, il est petit mais déjà formé… Il à l’air paisible même si je ne m’attendais pas à ça…

Je sais plus…

Je sais pas…

Cet intact irréel suspendu.

Vincent est en bas à présent, je n’ai pas le temps de réfléchir, je suis chez ma belle mère. Tout le monde est en bas, et moi déconfite avec ce minuscule dans les mains… Je n’arrive pas à réaliser la scène, je suis dans une bulle et j’ai envie de pleurer… L’horreur de cette vision, et la réalité qui rattrape. J’ai plus aucun doute. J’ai envie qu’on me serre. J’ai envie d’être ailleurs, ce n’est pas moi devant cette baignoire rouge, ce corps vide et tout ce théâtre dont je suis la principale actrice.

Les toilettes… Tout est fini…

J’étais enceinte et j’ai fait une fausse couche.

 

Aux vents du noir chagrin
Vont nos chagrins d’amour
Aux amours qui promènent
Pour laisser une empreinte
Pour essuyer les peines
L’infini en sanglot
Quand y’a plus rien à dire
Qu’à l’autre oui qu’on l’aime
L’un dans l’autre figé
Posé comme un diadème
Toi tu m’as laissé là
La princesse dans le froid
Qui sait, pleure tendrement
Tu m’as laissé pour quoi
Tu m’as laissé charmante
La princesse dans le froid
A mal aux sentiments
Et s’il est pour toujours
Le destin des princesses
D’être chagrin d’amour
D’avoir le coeur qui blesse
Tu sais bien qu’en amour
Oui toujours on se laisse
Quand il semble soudain
Que le monde repose
Quand il laisse aux amours
De réécrire les proses
De ce qu’on s’était dit
Par un matin de pluie
Par un matin de neige
A fini dans l’oubli
Et si la neige efface
Oui tout ce qu’on écrit
Alors dis moi pourquoi
Pourquoi je ne t’oublie
Damien Saez, Matins de neige

Puis j’ai fait semblant d’aller bien, en réalité c’était le chaos.

Je portais la vie et la seconde d’après je portais la mort, et même si tu t’es enfuis, mon amour je t’aime encore.
J’étais perdue entre les symptômes normaux d’après expulsion, et si je faisais une hémorragie? Et si tout n’était pas parti ? Et j’allais devoir attendre deux semaines avant de revenir à l’hôpital pour un contrôle! 2 semaines!!! Lâchée par le corps médical… Une gynécologue pas présente, pas professionnelle…. Du dafalgan pour soulager les contractions… Le prochain qui me lâche que ça agit, je lui ris au nez! 😂 Seule face à toute cette situation… Même s’il m’était inconcevable qu’on me fasse un curetage pour ne pas abîmer la muqueuse.. Je ne pensais pas être larguée autant dans les méandres du néant. Dans le 10-20% des statistiques des élues de la fausse couche. Au fond du gouffre… Ce spectacle dramatique que je ressasse encore dans ma tête lorsqu’un sujet similaire vient sur la table.
C’est difficile de se sentir vide, vide de toi, vide de nous, vide de vie, vide d’amour… Ce sentiment inqualifiable.

En vrai je me détestais… Je venais de briser les rêves naissants de ce futur papa, j’avais échoué! Je n’avais pas su te protéger, mon petit, te façonner comme il fallait, mon petit… Mais c’est quoi qui a cloché…? Ton ♡ s’est arrêté… On t’avait voulu tellement fort, je me sentais vivre et j’étais heureuse, invincible..
Enfin c’est ce que je croyais… Qu’est ce que c’était prétentieux cette idée…

Une maman en devenir, une maman déchue, une maman en un lointain souvenir…

je t’ai aimé dès la première seconde où j’ai su, bien avant ce premier test de grossesse. 

On avait calculé, j’avais repéré, et tu t’étais niché au creux de moi… Tout était trop beau.. trop parfait…. juste Trop!
Puis les jours passent, les gens m’évitent autant qu’ils évitent le sujet…
Je peux comprendre …. Quoi dire?

Y a rien à dire…

On l’a vécu et c’est tout…  C’était éprouvant et c’est tout. C’est passé si vite finalement, et c’est tout.

Il ne faut pas dire ❝la nature est bien faite❞, ❝c’est qu’il y avait un soucis❞, ❝t’en feras un autre❞ … Se rendre compte qu’on sait déjà tout ça. On le sait! Mais on ne comprend pas pourquoi ça s’est mal passé… On sait pas! Un autre enfant c’est certain… Mais comment avaler cette réflexion lorsqu’on vient d’en perdre un (même si pour une majorité à ce stade c’est ❝rien❞, ce rien c’était la vie… C’était un futur, c’était un présent… c’était un être vivant… J’ai entendu son cœur… Ce n’était pas ❝rien❞).

Ces gens qui se montrent savants et qui me tapaient sur le système , ces gens maladroits, ces gens bienveillants…. Et puis l’amour des uns et des autres… Et puis la vie qui reprend… Et puis les idées qui persistent, cette culpabilité au fond de moi… Ces symptômes de grossesse qui te rappellent ta grossesse disparue trop vite et qui te transpercent de douleurs, NON cher cerveau il n’y a plus d’enfant, alors t’es gentil mais tu fiches la paix à ma poitrine, à mes nausées… J’étais pas prête! Et pourtant je m’étais préparée un peu.. Au cas où.. Mais j’étais pas prête.

La maternité c’est la loterie.

J’étais persuadée et j’étais convaincue de ne pas en faire tout un foin , qu’il valait mieux cette situation à un lourd handicap…. Mais physiquement j’étais épuisée par ce corps qui me jouait des tours, par ce mental qui gérait un max, par ma sensibilité que je dissimulais… Par le fossé creusé entre mon corps et mon esprit!  Et j’ai tout gardé, j’étais  forte mais en vrai j’étais très mal! Personne ne l’a remarqué. J’ai encaissé sans broncher, j’ai enchaîné le travail, je me suis plongée dans nos projets…

Je priais pour un retour de couches . Et j’étais terrifiée à la fois! J’en voulais à la terre entière!
C’était un deuil…. J’y ai fait face, avec une toute petite poignée de gens qui m’ont fait remonté la pente…
Mais cette période a laissé des traces…. Des doutes, de la rancœur, de la colère, une infinie tristesse et un manque de confiance en moi… J’ai perdu un peu de joie de vivre …

Une fausse couche c’est personnel! Une fausse couche c’est pas banal pour un être humain. Une fausse couche c’est un événement morbide auquel on est invité et qu’on ne peut gérer. Une fausse couche c’est déroutant, c’est pesant et ça vous retire quelque chose. Une fausse couche c’est un peu traumatisant. Parfois je me demande à quoi il aurait ressemblé… et si…

Se ressaisir…

Pour moi. Pour lui. Pour nous.. Pour que tout ne bascule pas..

Cet après fc a été très difficile à plusieurs niveaux y compris le couple. Terrée dans ma bulle de rancoeur, de colère et de tristesse.. Je me barricadais..
Trop émotive, Trop susceptible… C’est tout moi le ❝Trop❞.

Et puis Ꮥienna-ℛose est venue dans une période où on ne voulait plus faire de projets d’enfants… On avait reporté et fait d’autres projets à la place.. Surprise, décembre 2014 je suis enceinte… 6 mois après j’étais enceinte… Le choc...
Et puis la vie s’entête et fait ce qu’elle veut. Elle donne autant qu’elle reprend.
Spectateur ou acteur… La vie est un fameux théâtre. Comique ou tragique, ou les deux parfois. Elle est sournoise la vie.. Mais tu sais quoi? Elle est merveilleuse la vie … vraiment merveilleuse ♡.

On aime encore plus intensément et plus profondément lorsque la douleur à creuse et agrandi notre cœur. Frédérique Lenoir.

 

Cette histoire est mon histoire. Hier j’ai eu très peur de perdre l’enfant que je portais pour la troisième fois. Fausse alerte et c’est tant mieux, à la veille des 6 mois ça aurait pu être tragique. Ma deuxième fille se porte bien. Du repos est juste prévu. Des bisous à mes mamans préférées, à plusieurs filles d’entre vous.. Merci à ma famille proche, et les quelques gens qui comptent dans ma vie.

 

♡amour, santé et bonheur sur vous et vos proches…