Je crois qu’elle a compris.

Hier soir, comme chaque soir, ℒilas-ℬeℓℓe tête pour s’endormir. Blottie contre sa maman, laissant s’échapper quelques légers rugissements non contrôlés.

C’est bizarre les petits bruits qu’elle fait, on sait qu’elle va s’endormir.

Chuuuut!

Dans la chambre, il fait sombre, légèrement sombre, il y a la veilleuse du babyphone qui éclaire de son halo rassurant. On aperçoit nos visages et nos mains de près, les yeux qui pétillent et nos sourires qui illuminent. Parfois on joue aux ombres avec les mains, c’est comique de près et de loin, on étouffe nos rires et on s’endort en sourire.

Chaque soir on est à 3 dans cette chambre ❝ parentale ❞ il paraît. 3 filles allongées dans ce grand lit tout neuf, tout comme dans les livres qui traînent dans le salon sous la table en verre. Il est moelleux comme il faut, il est dur comme il faut, il est beau comme il faut, il est tout comme il faut et moi ça me convient, des coussins ci et là et une grosse couverture moelleuse que je ne supporte pas.

Hier, j’ai demandé une histoire, une histoire s’il te plaît maman. Elle a chuchoté et j’ai couru dans ma chambre choisir un livre. Maman me laisse toujours le choix des livres, elle dit que lire c’est voyager. Je crois qu’elle aussi elle aime les livres, je la vois caresser des couvertures glacées et les ranger soigneusement dans la petite bibliothèque de l’appartement. Moi c’est le contraire, j’aime les étaler au sol comme pour me fabriquer des passages magiques enchantés.

Hier soir, maman m’a serré fort dans les bras, très fort dans les bras, je n’avais pourtant rien dit de particulier, mais ses yeux ont brillés, c’est le halo lumineux qui m’a laissé entrevoir, alors j’ai caressé son visage doucement. Ai-je le droit d’affirmer que je l’ai sentie bizarre? Je lui ai expliqué un peu le livre, puis je lui ai expliqué ma journée, elle sourit lorsque je fais cela, moi j’aime bien lorsqu’elle sourit. Elle m’a dit que j’étais belle (elle me dit toujours que je suis belle). Maman m’aime beaucoup avec des cœurs partout. Parfois j’ai peur car maman est beaucoup trop souvent avec la Soeur. La Soeur doit boire, la couche doit être changée, la Soeur pleure, la Soeur, la Soeur, … C’est vrai qu elle est belle avec ses yeux de grenouille et son sourire sans dents. Mais parfois je la trouve un peu embêtante a vouloir prendre mes jouets, à me suivre partout, à crier quand tout va bien et à me prendre maman tout le temps. Alors moi j’accapare papa et toc!

Hier soir, dans le lit trop grand (maman dit qu il est trop petit), maman m’a embrassé tendrement et a pris son temps. ℒilas-ℬeℓℓe posée dans son lit, moi je profite de ces moments avant le prochain gémissement de L A   S O E U R.

Je crois que maman a compris que je grandissais, que moi j’étais quand même encore beaucoup petite. Que parfois je criais pour attirer son attention. Avant, j’avais maman pour moi toute seule, j’aimais bien et elle aussi je crois. Avant il n’y avait que moi qui avait accès autant à ses bras, sa chaleur, son parfum, ses cheveux… Je comprends les choses.. Mais parfois j’aime user de stratagèmes pour n’être encore qu’un tout petit minuscule bébé. Ça marche à tous les coups, peut-être suis-je un peu comédienne, peut-être ne suis-je qu’une petite fille qui aime ses parents et qui aime les câlins et que l’on s’occuper d’elle



Maman dira certainement ceci après notre moment d'hier:


Je ne sais pas ce qui a été différent des autres jours. Peut-être les crises à répétition…
Peut-être un mal être non pris en compte, pas suffisamment en tout cas.

Là à mes côtés avec ses discours de grande fille, j’ai eu un pincement au cœur.. Petite fille-grande fille, je me suis projeté loin, trop loin, j’ai « deviné » l’adolescence, des conflits peut-être… Je l’ai observé, elle, allongée à mes côtés, son petit corps tout chaud qui sent bon la douceur. Je me suis rappelé que le temps n’attend pas et qu’il était de mon devoir de profiter de ces instants précieux qui ne se répètent pas.


U n   j o u r   m o n   l i t   m e   s e m b l e r a   b i e n   v i d e,  p l u s   d ‘ a p p e l s
i n c e s s a n t s,   p l u s  d e   c â l i n s  i m p r o v i s é s,   p l u s   d e   b i s o u s   m a g i q u e s   o u   d ‘h i s t o i r e s   e n c h a n t é e s.   P l u s    d e   m a i n s   e n l a c é e s   e t   d ‘ o m b r e s   a u p l a f o n d.   U n    j o u r   m a   c o u v er  t u r e   r e s t e r a   f i g é e   s u r   m o i   e t   m e s   o r e i l l e r s   n o n   p a r t a g é s .   U n   j o u r   j e   m e   f o r c e r a i  à   p e n s e r   à   c e   t e m p s   t r o p   l o i n t a i n   o ù   m e s   p e t i t e s   f i l l e s   n ‘ é t a i e n t   q u e   d e s   b é b é s…

Une vague de tristesse… Je me plains parfois de ma fatigue, qui est bien présente, parfois trop au point de me faire oublier ces détails là et l’importance de ces moments cruciaux.

Hier soir j’ai culpabilisé… Mitigée… Alors j’ai tenté de réparer un peu mes erreurs, je vais tenter de reprendre le temps, le temps comme avant quand mes nuits étaient plus longues quand je n’avais pas 2 ans et + de nuits entrecoupées.

Promis je vais tenter de souffler plus et de profiter plus. Je ne suis plus cette maman au top de sa forme, je dois l’admettre, pardon Ꮥienna-ℛose. Pardon ℒilas-ℬeℓℓe. J’essaye d’être le plus équitable et j’oublie que toi Ꮥienna-ℛose tu es encore trop jeune pour tout ce que je te demande. Alors pardon.


L’important est peut-être de prendre conscience?
D’essayer de s’améliorer?
D’essayer de comprendre et pardonner à soi-même?


 

Confidence: Je ne suis pas la mère parfaite, j’ai la gueule en vrac et des poils aux pattes. (Même qu hier mon mec m’a dit wouahhh tu tentes d’avoir des jambes de papa?). Je suis heureuse d’avoir ce temps pour éduquer mes enfants et parfois je me perds dans ce rôle comme si j’étais inutile complètement. Parfois j’ai ce besoin de souffler et de prendre du temps, ne serait-ce qu’un verre en terrasse avec un peu de temps pour tourner quelques pages d’un livre au soleil? (livres qui prennent la poussière depuis que je suis maman). Juste 1h? Est-ce mal? La dualité… L’ambivalence. Tenter de tout assembler, emboîter. Tenter de tout réussir, tout coordonner.

Maman = chef d’orchestre

Appelez moi Mozart de la maternité, je compose et je dispose..

Apprendre à prendre le temps, apprendre à apprécier même les moments difficiles, tout n’est que période, tout n’est que passager…

L’effet mère est infini, car nous sommes toutes des mères veilleuses…

 

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Chut! Libre. Je parle en silence et pense en suspens

Et…

Si je vous avais menti? Je ne cesse de vous répéter que la vie est jolie… Elle l’est… Je ne cesse de vous répéter que les gens sont bons… Je mens… J’ai une boule au ventre lorsqu’une personne ne répond pas au bonjour innocent que toi, Ꮥienna-ℛose tu lances avec tant de tendresse et de fierté. J’ai une boule au ventre à l’idée qu’un jour je pourrai ne pas arriver à vous protéger… Je n’ai pas la télé distribution, je ne lis pas les journaux, j’évite Facebook et les propagandes, je me renferme dans un monde qui est le nôtre, dans une bulle d’oxygène qui maintient ma respiration.


E S T  –  C E   E G O Ï S T E?


 

Mais voilà, souvent je manque d’air quand on me rapporte ce que quelqu’un(e)s ont fait. La presse me bassine! Je manque d’air car je ne peux tout contrôler et puis ce serait de toute façon mauvais pour vous, pour moi, pour nous.


A   Q U E L   M O M E N T   L’ E T R E   H U M A I N
A – T – I L   P E R D U   L A   T E T E?


 

Vous n’appartenez à personne, et vous n’appartiendrez J A M A I S à personne. Vous êtes libres et ce pour toujours! Libres comme l’air, libres de rêver, libres, vous m’entendez?

Permettez-moi de vous demander pardon, pardon pour les atrocités des un(e)s, pardon pour les folies des autres… j’ai peur à en crever et je vis, bien trop souvent, en apnée… Il m’arrive de dévisager les gens souvent, comme pour indiquer qu’il ne faut pas tenter de s’approcher, comme pour montrer que je suis une louve, pour dissuader quiconque de vous tourner autour. Au fond de moi je meurs chaque jour autant que je vis à travers vous. Heureusement, Je tremble souvent d’amour…

Vos odeurs sucrées, vos voix de miel, vos peaux lactées, vos cheveux caramels.

Je regrette de ne plus posséder cette fougue qui m’emmenait jadis bien loin des humains, lorsque les bulles de ma pensée ne ternissaient pas l’eau calme dans laquelle je baigne. Faut dire lorsqu’on a qu’à penser à soi, la vie est simple. La maternité a ce don de tout compliquer à ce niveau là.

Et si… Oh, veux-tu hein cesser avec tes ❝ si ❞ ?

J’ai perdu en route cette étincelle de l’insouciance et de l’innocence. Mais comme je rêve chaque jour de vous emmenez loin… Loin de ce quotidien trop figé de ces trop nombreux esprits sclérosés! Chaque nuit dans mes rêves c’est de brouillons en chefs d’œuvre que nous vivons, de petites choses, de petits bonheurs, de cette vie idéalisée dans une nature qui nous respecterait et qu on respecterait. Peut-être un jour j’aurai ce courage de tout plaquer, peut être qu’un jour c’est votre père que j’aurai réussi a faire flancher. Je vous le promets, tant que je respire ici bas, je vous promets de faire de mon mieux afin de vous préparer à cette jungle humaine. Qu’est ce que je crève de vous voir si innocentes, si confiantes, si naïves, je vous envie un peu aussi… Vous êtes merveilleuses, n’en doutez jamais!

Mais comment vous éduquer autrement? Je suis une hypersensible, et même si ça fait mal, ça laisse entrevoir l’espoir, il paraît que les gens fêlés laissent entrer la lumière. A voir comment vous brillez, je ne peux qu’être fière! 


A L O R S   J E   M E   R A C C R O C H E…


 

Alors je crois en ces autres mères qui manquent d’oxygène, elles aussi. Je pense à ces autres mères qui tentent d’éduquer positivement, celles-là qui accompagnent et qui montrent le droit chemin, qui tentent de faire tomber les barrières, à ces autres mères qui portent le monde,… Je vous suis reconnaissante et je vous suis solidaire. j’ai envie de leur crier que je les aime d’amour, car grâce à elles, c’est vous qui, plus tard, pourrez respirer à nouveau… Que les petits garçons de votre âge apprennent à respecter les filles. Que les filles de votre âge apprennent à être solidaires, que les êtres humains entre eux comprennent que l’amour vaut mieux que la guerre.

Pour que les horizons dans vos yeux ne me laissent pas de goût amer. Pour que l’espoir dans mon cœur soit pour toujours votre terre… Pour qu’ensemble on sème et cultive l’amour. Pour qu’ensemble on cultive votre bonheur, celui d’hier, celui d’aujourd’hui et surtout celui de demain. Pour qu’ensemble l’avenir d’autres petits humains soit un jour rassurant. Rassurant aussi pour nous vos parents.

Vous êtes ma drogue, la plus pure, la plus enivrante, la plus folle, la plus belle, et même si j’ai la trouille, maman est forte, certes un peu sensible mais forte.

La maternité ça pousse au meilleur comme au pire. La maternité te fait repousser les obstacles, la maternité c’est une solution à chaque problème.

Parce qu’il m’arrive encore de croire en l’être humain. Parce que forcément je vous ai vous devant les yeux à chaque seconde qui coud des ourlets de bonheur à mon cœur. Alors, à l’avenir, en l’espoir, à l’amour vous me forcez à y croire… Encore.

Vous êtes belles d’amour.. Les gens beaux d’amour sont des êtres magiques…

A vous mes fées maison, à mes lunes à vos soleils…