Se livrer #revelation

Maman s’occupe de moi. J’aime comme Elle me regarde, elle a l’air si souvent fière.

Elle me fait des bisous, parfois ils claquent, parfois ils sont tout mous, puis j’aime bien ses bras, ils sont assez grands pour faire le tour de moi.

Près de maman je me sens grande, MoI aussi je cuisine avec elle, elle me laisse passer l’aspirateur. C’est rigolo ce truc qui mange le sale qu’il y a à terre. Il mange même les poils du chat, maman ne veut pas que je les mange, Elle Dit toujours beeeeerk avec ses yeux bizarres… J’aime bien les yeux bizarres sauf quand Elle fait sa voix qui parle fort. Parfois maman n’est pas contente Et moi j’ai mal au coeur. Je ne comprends pas toujours pourquoi.

Ma maman, Elle est coquette et moi j’aime sentir son parfum. Elle m’autorise à mettre du rouge à lèvres qui brille. Je la trouve belle et moi aussi je suis belle, c’est Elle qui me le dit, souvent, même papa le Dit, même boulou et même nini, mamé et puis patou aussi. Marraine me le dit toujours avec sa tête qui m’aime Et tonton aussi. D’ailleurs Memere s’y met aussi Et Manou. Lou, Elle Dit rien Elle, MAis je le vois bien qu’elle me trouve Jolie. Nanou le Dit souvent à maman…

Maman, Elle aime bien être dans la cuisine, alors moi je fais comme elle, j’ai le droit de goûter à des trucs pas bons et aussi lécher la cuillère de chocolat. MoI je sais faire les gâteaux et aussi les smoothies. C’est drôle le bruit du robot a smoothie, il crie fort dans les oreilles mais il gentil. C’est toujours bon les jus qu il donne.

Maman Elle est comme moi. Elle adore le chocolat, papa Dit toujours qu’on est gourmandes. Maman ne le sait pas, il me file toujours du chocolat en cachette, moi j’aime bien quand il fait ça mais maman n’est pas toujours contente. Je comprends pas.

Je suis propre aussi, je ne mets plus de couche! T’aurais dû voir sa tête à maman, j’ai cru qu’elle allait pleurer… Elle m’a dit bravo Et elle m’a emmené chercher des cadeaux. Elle a dit NoN à quelques trucs mais j’ai rusé et les sacs étaient pleins. J’aime bien les jouets, je crois que je vais refaire dans le petit pot…

Après le bain ou la douche j’aime bien quand on met de l’huile. C’est tout doux sur la peau. Et puis je sens bon. Maman Elle sent toujours mon cou, mes joues… Parfois Elle est collante. Peut être qu’elle veut mes oreilles d’ours. Il est tout bleu mon essuie ours. Maman Elle en a pas des beaux comme ça.

Le soir maman, Elle fait la fourmie avant que papa rentre, elle Dit qu’il faut que je me dépêche à ranger les jouets, MoI j’aime bien quand tout est dans le salon, Et c’est beau, mais Elle aime pas. C’est pas comique. Alors quand papa rentre, je cours dans ses bras et il joue avec moi. Je le traîne dans ma chambre et on lit des livres. C’est beau les livres, moi je fais semblant de lire Et papa il rigole. Lui aussi il est collant, il me fait toujours trop de bisous qui piquent.

Le soir j’aime bien les bisous et aussi les câlins… Mais je crie fort et je pleure pour qu’ils comprennent. Ils sont grands et ne comprennent rien. Alors je crie et je lance les choses. Ils s’imaginent gagner Car je fais semblant de dormir, je dors un peu, mais ils savent pas que je vais les rejoindre plus tard. Traverser la chambre sans faire de bruit. Je vais prendre Oscar mon chien, il a peur dans le noir. Ni vu ni connu papa fait le pumba Et couvre mon arrivée entre les deux…. Ils se souviennent pas?? Toutes les nuits c’est pareil…

Hier j’étais pas contente… Maman a compris.. Elle s’est assise devant moi et moi je criais… alors je suis ai dit!

Le lit à papa maman lilabel, kayose tout seule…

Elle a fait ses yeux tout mous… Elle a fait sa voix de miel. Elle m’a fait un câlin et on a parlé. Elle m’a dit que moi quand j’étais un petit petit bébé, j’étais à côté d’elle. Jamais dans son lit. Toujours à côté d’elle.

Je dois pas être jalouse elle Dit. Elle m’a serré fort et je me suis sentie bien. Hier j’ai dormi jusqu au matin.

J’aime bien ma soeur Et aussi maman et aussi papa. Je m’appelle Ꮥienna-ℛose et j’ai deux ans et deux mois.


Et puis moi qui n’ai pas compris. Pas compris qu’elle pouvait se sentir délaissée, seule dans la chambre. Seule, alors que nous sommes 3 dans la mienne.

Comment j’ai pu oublié à quel point elle est sensible, à quel point elle comprend les choses.

Comment j’ai pu ne pas deviner plus tôt.

Coupable. Je suis coupable.

Mon coeur en miettes devant ses petits mots d’hier soir…

❝le lit à papa maman lilabel, kayose tout seule❞

La puissance de ces mots, de ses mots, de ses maux… Cette violence en pleine tronche du mal être de ma prunelle.

Elle n’est pas jalouse de ℒilas-ℬeℓℓe… Elle m’en veut à moi. Elle aime sa soeur Et redouble de gentillesse envers Elle, d’attentions…

J’ai compris … ENFiN..

Pardon ma douce. Et c’est à ce moment même que je suis prête à ne plus dormir qu’avec mon amoureux, Et je me fiche de ce que diront les gens. Je vais expliquer à Ꮥienna-ℛose que je l’aime, que je l’aime autant que j’aime ℒilas-ℬeℓℓe. Je vais l’enrouler dans mon amour. Je vais plus lutter le soir. On va parler, encore expliquer. Et on verra ce qu’il se passe. En restant calme et en s’aiment simplement.

J’ai encore un peu le coeur qui se serre quand je repense à hier soir. Le désarroi dans ses yeux et sa tristesse si flagrante.

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Et un jour… #Miłość

 

On se désire , on se déchire , on s’fait du mal , on s’idéale , on se retient , on se retire , on se souvient , on se soupire , on s’imagine , on se dessine , on se devine , on se divine, on se ruisselle des choses belles, on se murmure, on se blessure, on s’écorchure, on s’aventure, on se câline, on s’orpheline, on se marie, on se finit, on s’infinit, on se méprend, on se méprise, on s’y noie, on s’y croit , on s’aperçoit, on se combat, on s’enchaîne, on s’enchante, on se déchaîne, on se déchante, on s’enfuit, on se suit, on se consomme, on se consume, on se délaisse, on se promène, on se concède, on se possède, on se fête, on se défaite, on s’entête, on s’ennuie, on se défend, on se détruit, on s’empire, et sans le dire on se navire, on se chavire, on s’échoue, on se cloue, on se naufrage, on se rivage
on s’emmêle, on se dit qu’on s’aime.
Damien Saez, Quai de Seine

 

Et puis un jour, nos regards se sont croisés. Quelques mots se sont échangés…

 

Je me souviens on a parlé whisky Japonais et Vodka Polonaise.

 

Je me souviens de ton regard vert et cette sensibilité qui émanait de tout ton corps.
Ta mèche rebelle et cette mèche blonde bizarre dans tes cheveux.
Je me souviens, Tom Odell chantait en boucle ❝another love❞. Je me souviens de t’avoir observé sur le practice, sur le départ du 10.  Je me souviens avoir vibré lorsque tu m’as raccompagné à ma voiture… Je me souviens avoir osé imaginer un couple. Toi&Moi.

 

Rien ne devait nous unir… À part le destin! Il est vrai qu’on a tout plaqué.

 

Il est vrai que je t’ai aimé si vite sans provoquer.
Il est vrai qu’il est impossible de calculer.

 

Et notre premier restaurant… Je me revois moi au téléphone essayant de meubler ma trop grande avance avec amie et sœur, remettant les derniers détails de mes cheveux, me relookant dans un miroir, tirer un peu de cash, marchant en scrutant ton arrivée de loin, émoustillée et effrayée…

 

La grand place de Mons.

 

Je t’ai aperçu, toi décontracté, tes cheveux un poil longs que tu remettais en place, ta dégaine sereine et désabusée, ton jean et ton t-shirt foncé.
J‘ai raccroché et j’ai marché vers toi, confiante et pressée.

 

Deux gosses maladroits, cherchant à se plaire, fuyant le regard, cherchant le contact, un premier verre, une conversation décousue…

 

Ce restaurant que tu avais choisi… Ces aléas… Ce repas… cette purée délicieuse pour laquelle je n’avais aucun intérêt. Je scrutais tes lèvres, je te bouffais des yeux, j’avais envie de toucher les mains et que tu puisses lire en moi. Mes yeux qui se trahissaient, puis un peu les tiens aussi…

 

Ce départ… Nos « au revoir » , cette envie de ne plus repartir, ce parfum qui enivre et puis ce baiser presque volé au goût mielleux et chaud. Cette envie de ne plus te quitter… Il faut rentrer. Il fait nuit noire, la lune semblait brillante et les étoiles scintillaient autant que mon cœur tremblait. Ton visage en décor dans ma tête, ta voix en écho dans ma tête.

 

Ces innombrables messages, ces aveux à demis-mots… Nos doigts pianotant sur nos claviers de smartphone.
Cette timidité des premiers instants, cette maladresse des premiers mots…

et si c’était lui!

 

J‘en ai tremblé, je n’en ai plus dormi, j’en ai frémi… Penser à lui, penser à le retrouver…
Imaginer… Se projeter… Sentir la vague de l’amour…

 

Puis on a tout fait vite, moi qui voulait prendre mon temps, toi ton envol. Tu semblais tellement sur de toi, je me sentais invincible!

 

Nous avons emménagé ensemble et c’était parfait!

 

Puis la maison, puis les projets,

et aussi cette fausse couche qui a ajouté beaucoup de noir pendant une longue et difficile période…

 

Tu sais Miłość, la vie c’est pas la belle et la bête, c’est pas la vie en Rose de Piaf. La vie c’est aussi l’incertitude, c’est aussi tomber et se relever, c’est notre parcours fait de blanc et de gris et puis de noir aussi. C’est ton cœur et le mien et nos âmes qui se lient.

 

Mon amour même s’il est vrai que j’ai du caractère, même s’il est vrai que tu n’es pas un ange, mon cœur ne cesse de battre pour toi! Même si on s’est parfois usé, même si on s’est déjà fait du mal, dis moi quel couple vit un compte de fée sans dragons ni sorcières? Ce que nous savons, chaque jour qui passe, c’est que nous nous aimons. Il n’y a pas un jour qui passe, lorsque nous sommes séparés, où l’on ne se manque pas.
Nous avons tous nos démons et nos parcours d’antan.

 

Je ne regrette pas d’avoir croisé ton chemin.

 

Je contemple les pierres de notre édifice, et ce que l’on construit m’apaise.

 

Tu m’as offert le rôle de ma vie, le plus beau, être maman, et même si aujourd’hui nous attendons patiemment (impatiemment) notre deuxième fille, je sais d’ores et déjà que nous formerons une Jolie famille. Pas parfaite, mais à notre image. Je sais que tu feras toujours tout pour que l’on ne manque de rien, je sais qu’il est parfois des choix peu évidents qui te font rater des moments clés de ton (tes) enfant(s). Je sais que je suis parfois exigeante, je sais que parfois tu as besoin aussi de lâcher du leste, je sais parfois qu’on ne se comprend pas, j’ai conscience que nous sommes différents avec des fonctionnements différents avec parfois des visons différentes.
Mais n’est-ce pas là aussi la qualité d’un couple? Essayer et arriver à composer malgré les nombreuses différences? Marcher ensemble vers les mêmes objectifs de vie? Se tenir la main et ne pas la lâcher quand l’un des deux tombe?

 

Toi le sédentaire, moi l’électron libre. Moi la tornade, toi le fleuve tranquille.

 

Tu restes quoi qu’il advienne mon ami, mon amant, mon amour, le père de mes enfants.

 

J‘aime ton odeur, comme j’aime tes yeux, ta bouche, tes mains et tes sourires qui en disent longs.
J‘aime quand ta main serre la mienne, j’aime ta présence non loin de moi.

J‘ai toujours eu du mal à me poser, j’ai toujours eu peur de l’engagement.
Et aujourd’hui nous sommes ensemble, un avenir plein de promesses, deux enfants à élever, un cocon à retrouver, des challenges à relever, des voyages à programmer, de l’amour à semer et partager, des moments familiaux à savourer, des moments d’amoureux à trouver et créer…

Miłość, je t’aime!

Je t’aime pour ta patience, je t’aime pour ta douceur, je t’aime pour ta gentillesse, je t’aime pour ta bonté d’âme, je t’aime pour ton charisme, je t’aime pour ce que tu es, malgré tes défauts, malgré mes défauts, malgré les maux, au delà des mots…

 

Montrons le bon exemple à nos Minoushkas, réussissons là où d’autres ont échoué. Même si le quotidien avec un enfant (bientôt deux) est parfois semé d’embûches et de discordes. Même s’il faut se surpasser pour retrouver des moments à deux et ne pas oublier l’autre… Même si la fatigue est omniprésente et empiète sur le reste. Pardon de ne pas toujours être celle que j’étais, pardon de m’emporter pour des bêtises, parfois.

 

Aimons-nous toujours envers et contre tout, stp Miłość, ne lâche pas ma main.

 

C’est beau l’amour
quand on est amoureux
c’est beau l’amour
quand il est dans les yeux
dans les yeux

de ceux qui s’aiment
autant que moi je t’aime

c’est beau l’amour
et moi je t’aime…
 Damien Saez, Quai de Seine